Les évolutions de l'aviron de mer
Les pratiques contemporaines
Il est à noter qu'à la disparition des pratiques commerciales ou professionnelles faisant appel à l'aviron, des pratiques compétitives ont pris le relais en utilisant les supports traditionnels cités plus haut. Certaines ont disparu et d'autres ont survécu de manière spectaculaire grâce à la volonté de maintenir à flot l'héritage des cultures et traditions locales. Cela concerne par exemple les courses de traînières, de doris, de llaguts ou de yoles dans différents pays européens.
Les yoles dites de mer
Durant une grande partie du vingtième siècle, les clubs de l'hexagone ont utilisé une embarcation appelée yole de mer. Ces magnifiques embarcations, construites à clins et dont les jauges étaient strictes, ont longtemps été les bateaux de référence pour l'initiation des débutants dans les clubs d'aviron, qu'ils soient situés sur les plans d'eau intérieurs ou du littoral. Nous trouvions des versions à deux rameurs avec barreur, quatre avec barreur et huit avec barreur exclusivement armés en pointe, à l'inverse des canoës dits "français", armés pour leur part en couple. La Fédération Française a été à l'origine de la création d'un championnat national sur ces yoles en 1901, dont la dernière édition a eu lieu en 1966. Il est à noter que l'utilisation de ces embarcations était limitée à une pratique dans le clapot, et qu'au-delà cela s'avérait périlleux.
L'aviron de mer sportif "moderne"
Le début des années quatre-vingt marque un véritable tournant dans cette évolution. Grâce à la médiatisation sans précédent de la traversée de l'Atlantique Nord à la rame par Gérard d'ABOVILLE (premier français à avoir traversé un océan à la rame, 72 jours en 1981), un élan nouveau a provoqué un engouement pour ce sport. Après une relance de l'activité qui s'est effectuée sur des coques traditionnelles, quelques passionnés se sont investis dans la création d'embarcations contemporaines. Le Finistère Nord a été le berceau de cette discipline avec l'apparition de constructeurs de bateaux et des premiers clubs dits "d'aviron de mer". Après des débuts confidentiels, la création de compétitions spécifiques a provoqué une réaction en chaîne avec la reconnaissance de l'activité par la Ligue de Bretagne d'Aviron puis par la FFSA qui considère actuellement l'aviron de mer comme une discipline à part entière.
Les compétitions
La création des premières compétitions au début des années quatre-vingts a été un facteur déterminant dans le développement de l'activité. C'est à l'unanimité que le parcours de type triangulaire a été adopté afin d'offrir une navigation sous différentes amures, puis ce sont les jauges fédérales des bateaux qu'il a fallu déterminer. Les clubs de Bretagne ont fait montre d'audace en créant des régates originales du type challenge inter-entreprises, un championnat régional, des régates open (Yole-Cup de Brest), un challenge universitaire, etc. Ce fut ensuite le tour de la Normandie, des côtes Méditerranéennes, de la façade Atlantique et du Nord. Enfin l'apothéose a été la création du championnat de France d'aviron de mer à l'Aber-Wrac'h en 1997, qui s'est enrichi depuis d'une régate internationale depuis l'année 2001 à Brest. Les étapes en cours concernent le développement de la discipline dans les DOM-TOM.
Les raids
Les premiers a avoir traversé un océan à la rame étaient norvégiens : Géo HRABO et Franck SAMUELSON l'on accompli entre New-York et Le Havre avec une courte escale sur une île de Grande Bretagne en 1896, le tout en 60 jours... puis plus rien durant presque un siècle ! La décennie des années quatre-vingt-dix a été riche en évènements et rebondissements avec des traversées de la Manche par les clubs de Cherbourg et de l'Aber-Wrac'h, puis du continent à la Corse par des rameurs des côtes méditerranéennes. Des émules de Gérard d'Aboville ont aussi effectué de nombreuses traversées trans-océaniques soit sous forme de tentatives de records soit de courses en lignes. Parmi ceux-ci, nous pouvons citer : Jo Le Guen et des rameuses telles Peggy Boucher, Anne Quémerré ou Maud Fontenoy. L'"Atlantic Rowing Challenge" est devenue une des classiques mythiques de ce type d'épreuve.
Quelques dates à retenir
| 1814 |
Démembrement de la dernière galère française. |
| 1840 |
Premières régates maritimes au Havre. |
| 1896 |
Première traversée transatlantique, en 55 jours, en double dans une baleinière, des Norvégiens HARBO et SAMUELSON. |
| 1901 |
Premiers championnats de France d'aviron à la mer. Ils se déroulent en ligne comme les courses de rivière, mais dans des yoles de mer (embarcations de rivière peu marines et utilisées pour l'initiation jusque dans les années 60). |
| 1966 |
Derniers championnats de France d'aviron à la mer (sur yoles à clins). |
| 1969 |
John FAIRFAX est le premier homme à traverser l'Atlantique en solitaire à la rame (Canaries Floride). |
| 1980 |
Gérard D'ABOVILLE est le premier rameur français à traverser l'Atlantique, d'ouest en est (Cap Cod - Brest), en solitaire, en 72 jours. Son exploit et sa personnalité permettent un regain d'intérêt pour l'aviron de mer. |
| 1983 |
Création du Challenge D'ABOVILLE. Courses en mer dans des yoles à six rameurs à bancs fixes inspirées des embarcations des Îles Scilly. |
| 1985 |
Création, à partir de cette année, de nombreux clubs, surtout en région Bretagne. Avènement de nouvelles épreuves : championnats de Bretagne, traversée de la Manche, raid Corse - continent... |
| 1992 |
Gérard D'ABOVILLE est le premier rameur à traverser le Pacifique en 134 jours. |
| 1997 |
Premier championnat de France d'aviron de mer nouvelle formule (type régate : course en triangle, départ lancé...).
Première course transatlantique en double (Les Canaries-La Barbade) organisée par Chay BLYTH, un des premiers rameurs transatlantiques.
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| 2003 |
La FFSA organise le Championnat de France mer à Schoelcher en Martinique. |
| 2007 |
La FISA confie à la FFSA l'organisation du premier Championnat de Monde d'Aviron de Mer. |