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En direct du Championnat du Monde senior à Poznan le 29-08-2009 Julien Bahain et Cédric Berrest vice-champions du monde Le deux de couple français constitué de Julien Bahain et Cédric Berrest est devenu, samedi 29 août, vice-champion du monde sur le bassin de Poznan. Moins de réussite pour le deux sans barreur (Chardin-Mortelette) et le quatre sans barreur (Desprès-Bernard-Rondeau-Cadot) respectivement quatrième et cinquième de leur finale. L’argent a parfois un
drôle de goût. A Poznan, la médaille décrochée par Julien Bahain et
Cédric Berrest en deux de couple avait ainsi une saveur étrange, un
arôme aigre-doux à mi-chemin entre l’amertume d’une déception et la
douceur d’une satisfaction. Partis dans la peau des favoris, les
Français savaient pourtant que la course n’était pas gagnée d’avance.
Ils savaient aussi qu’il leur faudrait se méfier des Allemands
(Knittel-Krüger), victorieux à Lucerne, et des Slovènes (Spik-Spik)
toujours très entreprenants. Partis prudemment, le double-scull
tricolore virait en deuxième position au 1000 m derrière les Estoniens
(Raja-Taimsoo), partis comme des boulets de canon. Dans le troisième
500 m, les Allemands, jusqu’alors en embuscade, prenaient les choses en
mains. Les Français se crispaient. Sur un bassin très agité avec un
fort vent favorable, on sentait les Français légèrement gênés. Ces
derniers ne parvenaient pas à contenir l’accélération des Allemands sur
le dernier 500 m. Au final, poussés par le bateau néo-zélandais
revenant du Diable Vauvert, Julien Bahain et Cédric Berrest
produisaient l’effort et s’adjugeaient l’argent à 80 centièmes de
seconde des Allemands. Solides, les Estoniens décrochaient le bronze à
4 centièmes des Français.
« Je suis à la fois déçu et
heureux, notait Cédric Berrest, quelques minutes après la course. Un
titre mondial aurait fait du bien à l’aviron français, nous en sommes
conscients. En même temps, à quatre centièmes près, nous aurions pu
finir avec le bronze. Nous pensions que les Estoniens exploseraient
plus tôt. Et puis, les Allemands sont forts. Il faut le reconnaître.
Ils ont lancé leur enlevage avant nous. » Julien Bahain, à
la limite de l’évanouissement, s’avouait très déçu. « Nous étions venus chercher le
titre », lâchait le rameur angevin, dépité. Il est vrai
que la France de l’aviron espérait voir ces deux-là monter sur la plus
haute marche du podium de ce Mondial polonais. « Le deux de couple a sauvé
l’essentiel, indiquait Jean-Raymond Peltier, le directeur des équipes
de France. Pour gagner en finale, il fallait faire une course
excellente. Ils n’ont réalisé qu’une bonne course car ils n’ont pas
vraiment réussi à s’adapter aux conditions et au fort vent pour. »
Bref, ce titre de vice-champion du monde reste appréciable mais
légèrement frustrant. Petite frustration également pour Dorian
Mortelette et Germain Chardin en deux sans barreur, quatrièmes de leur
finale remportée sans surprise par un très bel équipage néo-zélandais
constitué d’Eric Murray et Hamish Bond, déjà champions du monde en 2007
dans le quatre sans barreur kiwi.
Auteur d’un bon départ,
les Français réalisaient une excellente première partie de parcours et
passaient en quatrième position au 1000 mètres. On les sentait alors
prêt à en découdre. Hélas, ils accusèrent le coup dans le troisième 500
mètres laissant les Grecs (Gkountoulas- Gkountoulas) creuser l’écart.
Intouchables, les Néo-zélandais l’emportaient d’un souffle devant les
Britanniques. Les Grecs empochaient le bronze sept secondes plus tard ;
laissant les Français s’échouer à la quatrième place. « C’est un résultat frustrant et
décevant pour eux, indiquait Sébastien Bel, leur entraîneur. Décevant
car ils avaient les moyens de monter sur le podium. Et frustrant car
ils n’ont pas réussi à mettre en place leur coup d’aviron du début à la
fin. » Schéma de course différent pour les garçons du
quatre sans barreur (Desprès-Bernard-Rondeau-Cadot) mais frustration
identique par rapport à leur cinquième place. Dans une finale de haut
vol remportée aisément par le « Fab Four » britannique
(Partridge-Egington-Gregory-Langridge) devant l’Australie et la
Slovénie, les Français ont alterné le bon (pendant 1500 mètres) et le
mauvais (dans le dernier quart du parcours).
« Le bassin était difficile pour
tout le monde, expliquait Julien Desprès sans chercher d’excuses. C’est
un résultat frustrant car nous sommes passés à côté d’un podium qui
était abordable. Nous avons fait des erreurs de débutants avec une
fausse pelle dans le dernier 500 mètres. En même temps, l’envie était
là. Nous avons abordé cette finale en guerriers mais cela n’a pas
suffi. Nous ne nous sommes pas battus proprement sur le plan technique.
Il va falloir tout remettre à plat. » En fin de journée,
Stéphanie Dechand et Marie Le Nepvou remportaient brillamment leur
finale B en deux sans barreuse. Un brin remonté par la tournure des
événements, Jean-Raymond Peltier, le directeur des équipes de France,
résumait les résultats de cette première journée de finales par un seul
et unique objectif : mitigé. «
Les résultats sont mitigés, confirmait-il. Le deux de couple aurait pu
prétendre à l’or. Il leur a manqué un peu d’expérience collective. En
pointe, il va falloir se remettre au travail violemment. Je ne suis pas
en colère mais lucide. On ne peut pas prétendre à un podium mondial
sans travailler. Le manque de travail hivernal chez certains rameurs de
pointe s’est révélé au grand jour. Pour gagner en été, il faut savoir
se faire mal en hiver. » Message reçu cinq sur cinq.
Résultats
2. Grande-Bretagne (Reed-Triggs Hodge) : 6’17’’45 3. Grèce (Gkountoulas- Gkountoulas) : 6’23’’01 4. France (Chardin-Mortelette) : 6’24’’69 5. Etats-Unis (Banks-Cole) : 6’33’’16 6. Afrique du Sud (Keeling-Di Clemente) : 6’38’’06
2. France (Bahain-Berrest) : 6’07’’82 3. Estonie (Raja-Taimsoo) : 6’07’’86 4. Nouvelle-Zélande (Trott-Cohen) : 6’08’’87 5. Slovénie (Spik-Spik) : 6’15’’10 6. Serbie (Marjanovic-Bogicevic) : 6’15’’52
2. Australie (Ryan-Marburg-McKenzie-Hegerty) : 5’49’’20 3. Slovénie (Pirih-Rozman-Kolander-Pirih) : 5’51’’11 4. République tchèque (Gruber-Dolecek-Bruncvik-Horvath) : 5’52’’80 5. France (Desprès-Bernard-Rondeau-Cadot) : 5’57’’03 6. Belarus (Lialin-Dzemyanenka-Nosau-Kazubouski) : 5’59’’34
2. Russie (Zhuchkova-Podvyazkina) : 7’12’’52 3. Argentine (Abalo-Best) : 7’15’’58 4. Croatie (Keserac-Anic) : 7’16’’48 5. Chine (Dai-Wang) : 7’18’’19 6. Belarus (Kliuchynskaya-Bondarava) : 7’23’’09 L’argent pour Nathalie Benoît ! Nathalie
Benoît a décroché la médaille d’argent en skiff féminin « bras et
épaules ». Une consécration pour cette institutrice marseillaise au
moral d’acier.
La
journée ne pouvait pas mieux commencer pour les Bleus, ce samedi 29
août, à l’occasion des premières finales du Mondial de Poznan. Alignée
en finale du skiff féminin « bras et épaules », Nathalie Benoît est
allée chercher l’argent avec le cœur et l’envie. Classée deuxième à
4’’78 de l’intouchable Ukrainienne Alla Lysenko, la Française a
confirmé tous les espoirs qui avaient été placés en elle. «
Ce n’est pas simplement ma médaille mais aussi celle d’Isabelle Danjou,
mon entraîneur, expliquait-elle juste après la cérémonie protocolaire,
sa médaille autour du coup. J’avais terminé à 19 secondes de
l’Ukrainienne à la Coupe du monde de Munich. Ici, je suis à moins de
cinq secondes d’elle. Tout le travail réalisé avec Isabelle sur ma
position dans le bateau, la concentration et le départ a payé. Cette
médaille est la nôtre. »
Ancienne basketteuse
handi-sport, Nathalie Benoît a ainsi concrétisé un rêve. «
Cela faisait dix ans que je voulais ramer, raconte-t-elle. Cette année,
j’ai réussi à m’organiser grâce à l’aide de la Fédération et de mon
club, le CA Marseille. » Plus qu’une performance de très
haut
niveau, cette médaille d’argent mondiale est aussi – et surtout – le
fruit d’une belle histoire humaine, l’histoire d’une jeune femme
atteinte d’une sclérose en plaques qui respire la vie et transmet par
un simple regard des ondes positives. «
Personnellement, quand j’étais rameuse valide de haut niveau, je n’ai
jamais été médaillée mondiale, note Isabelle Danjou, émue aux larmes.
Le titre de vice-championne de Nathalie est un message d’espoir, un
exemple à suivre. Cette jeune femme est épatante. » Et
devrait faire les beaux jours de l’équipe de France d’handi-aviron ces
prochaines années. Chapeaux bas, Nathalie !
Handi-Aviron Skiff Femmes « Bras et Épaules » / Finale 1. Ukraine (Alla Lysenko) : 5’25’’17 2. France (Nathalie Benoît) : 5’29’’95 3. Belarus (Liudmila Vauchok) : 5’34’’45 4. Pologne (Martyna Snopek) : 5’59’’12 5. Corée (Jong Rye Lee) : 6’10’’12 6. Hongrie (Monika Lengyel) : 8’16’’84 | ||