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En direct du Championnat du Monde senior à Poznan le 30-08-2009 Les poids légers font le plein d’or et d’argent Deux bateaux français ont été médaillés, ce dimanche 30 août, en clôture du Mondial de Poznan. Jean-Christophe Bette et Fabien Tilliet sont devenus champions du monde en deux sans barreur poids léger (PL) à l’issue d’une finale de toute beauté. En deux de couple PL, Frédéric Dufour et Jérémie Azou ont, de leur côté, brillamment décroché l’argent derrière un très solide équipage néo-zélandais. Impressionnant.
« Celle-là est belle, très belle
! » Fabien Tilliet peut laisser parler son cœur. À peine
a t-il posé les pieds sur le ponton d’honneur que le coéquipier de
Jean-Christophe Bette affiche le sourire des grands jours. Quelques
minutes auparavant, les deux compères faisaient parler la poudre en
s’adjugeant le titre mondial en deux sans barreur poids léger sur un
bassin très agité avec un fort vent portant. Partis comme des fusées
sur une cadence de 41 coups d’aviron par minutes, les deux Français ont
gagné en patrons, en tête du début jusqu’à la fin. « Nous savions que les Italiens
allaient vouloir partir vite, explique Fabien Tilliet. Nous ne voulions
pas les laisser faire. A chaque fois qu’ils nous attaquaient, nous
lancions des séries. Nous avions confiance dans notre coup d’aviron. Je
suis très heureux d’avoir remporté ce titre, vraiment très satisfait. »
Il peut l’être.
Avec cette médaille
d’or, Fabien Tilliet remporte son troisième titre mondial après ceux de
2004 en huit PL et 2005 en quatre sans PL. Jean-Christophe Bette, lui,
confirme qu’il est bien le rameur français le plus titré avec quatre
médailles d’or mondiales (deux sans barreur PL en 1998 et 2009, huit PL
en 2001, quatre sans barreur PL en 2005) et un titre olympique (quatre
sans barreur PL en 2000) à son tableau de chasse. « Cette médaille d’or est celle
de l’expérience et concrétise une année très particulière, indique
Jean-Christophe Bette. Il y a encore quelques mois, nous hésitions.
Nous avions failli faire un break d’une année. Finalement, je crois que
notre choix était le bon. Je ne sais pas encore si nous continuerons la
saison prochaine mais nous prendrons la décision à deux. Et si nous
continuons, ce sera forcément pour aller jusqu’aux Jeux de Londres. »
Désormais vice-champions
du monde de deux de couple poids léger, Jérémie Azou et Frédéric Dufour
doivent eux aussi commencer à penser à l’échéance olympique de 2012.
Auteurs d’une très belle finale, les deux Français ont su prendre tous
les risques pour monter sur la deuxième marche d’un podium conquis par
les Néo-zélandais Uru-Taylor, déjà victorieux cette saison à la Coupe
du monde de Lucerne et de Munich. «
Notre tactique était simple : partir sur les 1500 premiers mètres en
gardant la cadence d’un départ, explique Jérémie Azou. C’était un coup
de bluff vis-à-vis des Italiens. Ça passait ou ça cassait mais c’était
la seule manière d’aborder cette finale. » L’audace a
payé. « Les deux
petites secondes qui nous manquent à l’arrivée pour être devant les
Néo-zélandais se gagneront par le travail à l’entraînement, sur de la
cadence basse, ajoute Frédéric Dufour. A l’avenir, il faudra pouvoir
faire moins d’erreurs techniques quand nous sommes à 200%. En même
temps, pour continuer à ramer ensemble en double, nous savons que nous
devrons confirmer notre valeur individuelle aux championnats de France
bateaux courts. » Ces deux-là pensent déjà à demain...
Cette dernière journée
du Mondial de Poznan fut aussi marquée, côté tricolore, par plusieurs
performances empreintes de frustration. Sur un bassin extrêmement dur
avec un fort vent favorable, deux autres équipages français qualifiés
en finale ont eu du mal à exprimer leur potentiel à 100%. Ce fut le cas
du quatre sans barreur poids léger (Raineau, Faucheux, Moreau,
Solforosi) qui, malgré un superbe départ, n’a pas réussi à grimper sur
le podium. Résultat : quatrième. «
Comme aux Jeux de Pékin l’an dernier, enchaîne Franck Solforosi. C’est
dommage. » Remportée par un bateau allemand composé de
deux paires de frères, cette finale fut à l’image de la catégorie.
Dense et serrée. « Le
premier mot qui me vient à l’esprit est déception, résume Fabrice
Moreau. Ce Mondial avait mal commencé pour nous avec un passage par les
repêchages. Nous sommes ensuite repris. Notre premier 1000 mètres est
bon mais les Allemands, les Danois et les Polonais nous décrochent au
train. Il ne nous a manqué pas grand-chose. C’est rageant. »
Les Danois ont en effet subtilisé le bronze aux Français pour 14 petits
centièmes de seconde. Un rien qui a fait – hélas – la différence.
Grosse déception
également pour le quatre de couple de Pierre-Jean Peltier,
Jean-Baptiste Macquet, Jonathan Coeffic et Adrien Hardy. Coincé la
ligne d’eau extérieure n°6, l’une des moins favorables, le bateau
français n’a jamais vraiment réussi à trouver le bon tempo. Conséquence
: une cinquième place là encore très frustrante pour cet équipage de
grande qualité. « Nous
n’avons pas réussi à mettre le bateau au-dessus de la vague, analyse
Adrien Hardy, très déçu. C’est la différence entre un bon et un mauvais
bateau. » Jonathan Coeffic en rajoute : « Notre bateau est encore jeune
pour s’adapter à toutes les conditions de navigation. Nous avons
précipité nos gestes sans prendre le temps de ramer. » Une
vraie désillusion, donc, pour ces quatre coupleux qui ont assisté
impuissant au sacre du quatre de couple polonais sur ces terres ; ce
bateau étant désormais quadruple champion du monde et champion
olympique.
En début de matinée,
dans les épreuves non olympiques, les rameurs français avaient connu
aussi des fortunes diverses. Alignés en deux barré, Benjamin Lang,
Sébastien Lenté et leur barreur, Benjamin Manceau, se classaient
cinquièmes de leur finale, remportée par les Américains. Résultat
identique pour le huit barré poids léger tricolore (Cornu, Jonville,
Breschet, Baroukh, Marty, Moutton, Cavard, Agostini, barreur : Benoît),
auteur pourtant d’une course pleine et aboutie. Déception enfin pour le
quatre de couple PL (Goisset-Delayre-Menet-Pollez) qui a laissé filer
la médaille de bronze pour 11 centièmes de secondes. Au final, avec 12
places de finalistes et quatre médailles, la France est la deuxième nation masculine, pointe à la quatrième place au classement général et à la huitième au classement des médailles du Mondial de Poznan. « Un bilan satisfaisant, conclut
le DTN Pascal Berrest, qui aurait pu être très satisfaisant avec un peu
plus de réussite. »
Résultats / Epreuves olympiques
2. Australie (Hudson, Bidwell, Crawshay, Noonan) : 5’39’’66 3. Allemagne (Grohmann, Brodowski, Hacker, Bartels) : 5’39’’85 4. Croatie (Sain, Sinkovic, Martin, Sinkovic) : 5’41’’06 5. France (Hardy, Coeffic, Macquet, Peltier) : 5’45’’57 6. Italie (Ghezzi, Agamennoni, Stefanini, Raineri) : 5’45’’76
2. Danemark (Pedersen, Vilhelmsen, Winther, Jörgensen) : 5’51’’02 3. Pologne (Pawlowski, Siemion, Bernatajtys, Randa) : 5’52’’70 4. France (Raineau, Faucheux, Moreau, Solforosi) : 5’53’’04 5. Italie (Di Somma, Amarante, Motta, Tuccinardi) : 5’56’’82 6. Pays-Bas (Muda, Lievens, Heijbrock, Muda) : 5’57’’91 Deux de couple poids léger Hommes / Finale 1. Nouvelle-Zélande (Uru-Taylor) : 6’10’’62 2. France (Azou-Dufour) : 6’12’’57 3. Italie (Miani-Luini) : 6’15’’08 4. Allemagne (Hochbruck-Hartig) : 6’20’’29 5. Canada (Vandor-Sylvester) : 6’23’’08 6. Grande-Bretagne (Williams-Mattick) : 6’23’’95 Résultats / Epreuves non olympiques
2. République tchèque (Makovicka-Chalupa, bar : Hadjdusek) : 6’54’’58 3. Allemagne (Naruhn-Eichner, bar : Berent) : 6’55’’44 4. Canada (Tize-McCabe, bar : Laidlaw) : 6’57’’55 5. France (Lenté-Lang, bar : Manceau) : 6’57’’84 6. Italie (De Vita-Tranquilli, bar : Di Palma) : 6’57’’90
2. Italie (Caianiello-Dell’Aquila) : 6’31’’40 3. Serbie (Babovic-Tomic) : 6’31’’58 4. Afrique du Sud (Smith-Brittain) : 6’34’’72 5. Grande-Bretagne (Hunter-Mahony) : 6’41’’21 6. Danemark (Barsoe-Dittmann) : 6’44’’04
2. Allemagne (Lange-Wichert-Oevermann-Wieler) : 5’49’’89 3. Danemark (Soerensen-Nielsen-Quist-Ramboel) : 5’51’’67 4. France (Goisset-Delayre-Menet-Pollez) : 5’51’’81 5. Mexique (Ramirez-Garcia-Vega-Regules) : 5’55’’51 6. Etats-Unis (Tryon-Winter-Scholz-Frycke-Cunningham) : 5’59’’65
2. Etats-Unis : 5’37’’15 3. Pays-Bas : 5’39’’69 4. Japon : 5’41’’80 5. France (Cornu, Jonville, Breschet, Baroukh, Marty, Moutton, Cavard, Agostini, barreur : Benoît) : 5’41’’93 6. Allemagne : 5’43’’40 | ||
Résultats sur le site de la FISA
