En direct de Pékin

le 17-08-2008

Les Bleus encore bronzés à Pékin
La belle médaille de bronze du quatre de couple atténue la déception de la quatrième place du quatre sans barreur poids léger.

Cette médaille de bronze, ils peuvent sacrément la savourer ! Les jeunes mousquetaires du quatre de couple (Cédric Berrest, Julien Bahain, Pierre-Jean Peltier et Jonathan Coeffic) sont allés au bout d’eux-mêmes ce dimanche 17 août, pour s’emparer d’une troisième place méritoire et remporter une médaille de bronze qui a presque la saveur de l’or. Après une prestation moyenne en demi-finale, les rameurs entraînés par Christine Gossé avaient à cœur de démontrer l’étendue de leur talent. Coincés à la ligne 1, loin des triples champions du monde polonais et des expérimentés Italiens, les Français n’avaient pas le droit à l’erreur. « Nous avons réalisé un excellent départ en essayant de ne pas perdre de vue les Polonais », explique Julien Bahain. En quatrième position au premier 500 m derrière les Polonais, les Italiens et les Allemands, les rameurs tricolores ont travaillé dans leur coin, loin des regards, pour dérouler. Aux 1000 m, ils accusent 3’’19 de retard sur le bateau de tête, tandis que les Australiens montrent le bout de leur pointe pour se caler devant les Français. En fait, tout se jouera sur la fin.

A la lutte avec les Australiens pour la troisième place dans les 200 derniers mètres, Cédric Berrest lance alors une série d’extra-terrestre quelques coups de pelle avant la ligne d’arrivée. « Sur les dix derniers coups, il fallait que je balance des coups de praline, explique le chef de nage de l’équipage français. C’était presque quelque chose d’instinctif. » L’instinct de survie, presque. Ou celui de l’envie. « Cette série, il fallait absolument l’envoyer même si nous ne connaissions pas vraiment notre position », ajoute Julien Bahain. Pour 34 centièmes de seconde, la coque bleue franchit la ligne d’arrivée devant le bateau australien. Grandissimes favoris, les Polonais remportent enfin le titre olympique, à 2’’24 des Italiens. Dans le quatre de couple bleu, les rameurs explosent alors de joie ; Pierre-Jean Peltier et Cédric Berrest se levant, les bras levés au ciel, manquant même de faire chavirer le bateau. « Depuis quatre ans, notre embarcation a connu des hauts et des bas, note encore Cédric Berrest. Je pense aussi à Jean-David Bernard qu’on a laissé en route, mais je suis convaincu d’une chose : cette médaille-là, nous l’avons définitivement méritée. » Personne ne pourra effectivement le contredire…

La joie des « costauds » du quatre de couple a succédé à l’immense déception des rameurs poids légers du quatre sans barreur (Fabien Tilliet, Jean-Christophe Bette, Guillaume Raineau et Franck Solforosi). Pourtant bien partis, les vice-champions du monde ont buté sur de solides adversaires du début à la fin pour terminer à la quatrième place – la pire – derrière les Danois (1er), les Polonais (2e) et les Canadiens (3e). Quelques minutes après la finale, les hommes de Jérôme Déchamp ne comprenaient toujours pas. Franck Solforosi : « Nos sensations étaient bonnes, meilleures qu’en demi-finale. Physiquement, on envoyait bien la gaufre, mais les autres allaient vraiment trop vite. » Il n’a pas tort. La puissance de feu des Danois, avec le vétéran Ebbesen à la nage, était connue. En revanche, l’argent des Polonais et le bronze des Canadiens en a surpris plus d’un. « Nous avons toujours battu ces deux bateaux et nous nous retrouvons derrière eux en finale des JO, note Fabien Tilliet. On peut se poser des questions. Il nous a peut-être manqué un peu de fraîcheur sur la fin… » De la fraîcheur, les Canadiens et les Américaines n’en ont pas manquée pour décrocher les deux médailles d’or olympiques en huit. Champions du monde en titre, ils ont confirmé leur suprématie actuelle dans cette catégorie. Cette dernière journée d’aviron a aussi été marquée par la victoire des Chinoises en quatre de couple. L’unique médaille d’or de l’aviron chinois à ces JO, magnifiquement organisés sur le bassin de Shunyi.

Paul Miquel